L'année 2016 a tiré sa révérence. Voyons ce que 2017 nous réserve. Nul besoin de regarder dans une boule de cristal pour savoir que la question de la marijuana au travail (et partout ailleurs) continuera de défrayer la chronique. Le 13 décembre 2016, la publication du rapport final du Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis a fait la manchette en ce qui a trait au plan en apparence audacieux, mais vraisemblablement hautement bureaucratique, du gouvernement visant à légaliser et à régulariser l'utilisation de la marijuana. Le rapport soulève de nombreuses questions sur les règles non écrites. Qui peut produire du cannabis? Où le cannabis sera-t-il vendu, et à qui? Quel message pour la santé accompagnera la décriminalisation du cannabis?

Peu importe les détails de la réglementation prévue, il faut s'attendre à ce que les employeurs canadiens soient confrontés à la question de la marijuana dans nombre de scénarios :

  • les accommodements à offrir aux employés que la loi autorise à consommer de la marijuana à des fins thérapeutiques;
  • la façon de traiter avec les employés au travail dont les facultés sont affaiblies par la marijuana;
  • les demandes de remboursement de marijuana dans le cadre de régimes d'assurance-santé;
  • la révision des politiques et procédures relatives aux tests de dépistage des facultés affaiblies par l'usage de drogues;
  • la persistance de la confusion entourant le statut criminel actuel de l'utilisation de la marijuana à des fins autres que thérapeutiques.

Autre problème auquel les employeurs devront faire face en 2017 : les résultats de l'examen portant sur l'évolution des milieux de travail en Ontario. Le 28 février 2017, les conseillers spéciaux chargés de réaliser l'examen en question doivent présenter un rapport final qui renfermera des recommandations concernant les modifications à apporter à la Loi de 1995 sur les relations de travail (LRT). À ce jour, les médias ont principalement parlé de la « précarité » du travail et de la question de savoir s'il faut modifier les normes, comme celles qui portent sur la rémunération du temps supplémentaire, les heures de travail, les exemptions et les exclusions, ainsi que les ententes avec les agences de placement temporaire. Mais comme ils le précisent dans le rapport intérimaire, les conseillers spéciaux envisagent un éventail nettement plus étendu de modifications possibles à la Loi de 1968 sur les normes d'emploi (LNE) et à la LRT, qui pourraient toutes avoir des incidences considérables sur l'emploi en Ontario. Surveillez nos prochains bulletins pour en savoir davantage.

En conclusion, on peut s'attendre à ce qu'un ensemble d'événements politiques que nul n'avait vu venir se répercutera sur l'économie canadienne : l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, l'arrivée d'un gouvernement NPD en Alberta ainsi que le Brexit. Il y a tout lieu de croire qu'il y aura des changements dans les paramètres de l'emploi, surtout en Alberta et en Ontario, si les États-Unis et l'Angleterre modifient pour la peine leurs politiques.