Le ministre des Finances du Québec, monsieur Eric Girard, a déposé aujourd’hui son deuxième budget marqué par des mesures favorisant l’économie verte, en proposant d’importantes mesures pour l’électrification des transports, la réduction de GES et l’adaptation aux changements climatiques. Conscient que la question environnementale et le développement économique figurent parmi les principales préoccupations des citoyens, le gouvernement répond à plusieurs attentes du public en invitant le secteur privé à participer activement à la transition énergétique et environnementale.

L’objectif du gouvernement est de réduire l’impact environnemental des entreprises en créant une dynamique favorisant l’adoption d’une gouvernance d’entreprise axée sur la responsabilité sociétale d’entreprise (RSE).

Pour ce faire, le ministre des Finances du Québec a annoncé aujourd’hui une somme record totalisant 6,7 G$ sur six ans afin de lutter contre les changements climatiques dans le cadre du Plan d’économie verte (PEV) 2030. Ces nouvelles orientations concernent principalement les secteurs de l’électrification des transports collectifs, de l’immobilier et des véhicules, dont les principales mesures sont :

  • une somme de 1,4 G$ est accordée sur six ans pour le programme Roulez vert. Cette somme est destinée au soutien de l’électrification des véhicules partout au Québec;
  • des investissements totalisant 15,8 G$ dans les transports collectifs sont prévus dans le Plan québécois des infrastructures 2020-2030 (PQI);
  • des investissements de 150 M$ destinés à la poursuite du programme Chauffez vert jusqu’en 2026.

La responsabilité sociétale d’entreprise : un positionnement incontournable pour obtenir l’attention des décideurs publics

Le message envoyé par le gouvernement du Québec est clair : les entreprises qui voudront bénéficier des programmes gouvernementaux devront rapidement prendre un engagement de RSE et contribuer à la réduction de l’impact environnemental de leurs activités.

La RSE est un engagement pris par une entreprise en vertu duquel elle gérera entre autres son impact environnemental conformément aux attentes du public et des décideurs publics, dont l’utilisation des technologies les plus propres et en fournissant des produits et services verts. Les autres aspects de la RSE incluent notamment de bonnes conditions de travail, favoriser l’emploi local et la diversité, lutter contre la corruption et s’assurer de la pérennité des opérations.

Être reconnue comme une entreprise socialement responsable présente de nombreux avantages. En plus d’acquérir une bonne réputation auprès du public, la mise en place de la RSE favorise une attention positive de la part des titulaires de charges publiques. En outre, les entreprises qui mettent en place la RSE sont généralement plus novatrices, productives et compétitives.

Ainsi, la RSE permet de mieux répondre aux défis auxquels les entreprises sont confrontées et aux attentes des diverses parties prenantes qui sont de plus en plus nombreuses.

Un budget qui favorise des comportements de gouvernance d’entreprise pour participer activement à la transition énergétique et environnementale

Les mesures annoncées aujourd’hui encouragent la réduction de l’impact environnemental des entreprises conjuguées à la poursuite de leurs objectifs traditionnels.

Les dirigeantes et dirigeants d’entreprise sont placés face à une double opportunité d’affaires et sociale. Le conseil d’administration apparaît ainsi comme l’organe de gouvernance privilégié pour insuffler de nouveaux objectifs environnementaux, et même de nouvelles valeurs, dans les entreprises du Québec.

La valeur ajoutée qu’offrira une gouvernance d’entreprise efficace quant à ces objectifs permettra aux entreprises de mieux s’impliquer dans la RSE, de participer à la transition énergétique et de profiter éventuellement des efforts financiers du gouvernement. À cet effet, le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, monsieur Benoit Charette, a publié le 9 mars 2020, un nouvel indice de performance en matière de développement durable, qui permet l’évaluation du niveau de qualité et de la planification des ministères et organismes en matière de développement durable et d’atteintes de leurs cibles actuelles. Ainsi, les donneurs d’ordres voudront s’associer à des entreprises qui les aideront de façon active à améliorer leur indice de performance de développement durable.

Pour ce faire, il revient aux administrateurs d’adopter de nouveaux comportements de gouvernance orientés vers les nouveaux objectifs environnementaux du gouvernement du Québec, au même titre que le sont les objectifs traditionnels de rentabilité ou de gestion des risques. Leur rôle est substantiel dans ce contexte, car ce sont les administrateurs qui auront à insuffler une vision d’entreprise d’avenir, bénéfique pour l’environnement, la société civile et les actionnaires, dans le nouveau contexte de l’économie verte.

Le temps est venu de ne plus opposer les performances de la RSE et les performances financières, mais plutôt de travailler à mieux mesurer les contributions de la RSE à la performance financière de l’entreprise et à la création de valeur. C’est la pérennité et la légitimité des entreprises qui sont menacées si elles ne prennent pas en compte les impacts environnementaux et sociétaux de leurs activités. En somme, toutes les parties prenantes attendent des entreprises qu’elles valorisent une nouvelle vision de leur rôle et de leur responsabilité dans la société.