La Commission européenne a ouvert le 29 juin 2021 la phase II de la procédure de contrôle des concentrations à l'égard du projet d'acquisition d'Air Europa par IAG en raison de son impact potentiel sur le marché des services aériens en Espagne.

En mai 2021, IAG a notifié à la Commission européenne son projet d'acquérir la compagnie aérienne Air Europa dans le cadre de la procédure de contrôle des concentrations.

Après un examen préliminaire du projet, la Commission européenne a décidé, ce 29 juin, d’ouvrir une enquête approfondie en raison de ses doutes sérieux à l'égard de la compatibilité de ce projet de concentration avec le marché intérieur. La Commission craint en effet que l’opération envisagée ne réduise la concurrence sur le marché du transport aérien de passagers en Espagne.

Ces deux compagnies aériennes font partie des trois premiers grands opérateurs de services réguliers de transport aérien de passagers en Espagne, et desservent chacune tant des liaisons nationales que des liaisons internationales au départ et à destination de l’Espagne. Elles sont également toutes les deux actives sur le marché du fret aérien.   

L’enquête préliminaire a révélé que ces deux compagnies sont en concurrence sur bon nombres de liaisons directes, dont certaines où elles seules sont présentes. La concurrence pourrait ainsi être sensiblement réduite sur les dessertes de pas moins de 70 paires de villes de départ et de destination, tant en Espagne qu’au départ et à destination de l’Espagne.

Dans la mesure où Air Europa joue également un rôle de trafic d’apport pour d’autres compagnies aériennes (de par son réseau de vols intérieurs et court-courriers), par exemple à l’aéroport de Madrid, la Commission craint que le projet de concentration ait pour effet de restreindre l’offre de services de ces autres compagnies qui pourraient se voir contraintes de cesser leurs opérations à l’international sur les liaisons également desservies par IAG, au détriment du consommateur.

La Commission a en outre constaté que les autres compagnies aériennes, en ce compris les compagnies low cost, les compagnies aériennes européennes en réseau et les compagnies latino-américaines ne parviendraient pas à exercer une pression concurrentielle suffisamment forte sur l’entité issue de la concentration, en particulier sur les liaisons où elle détiendrait des parts de marché élevées.

Relevons qu'une telle analyse de la concurrence est d’autant plus compliquée à mener en cette période de crise sanitaire qui impacte gravement le secteur du transport aérien, et dont la reprise est encore incertaine. La Commission a souligné qu'elle éprouvait des difficultés à évaluer l’incidence de cette crise sur l’environnement concurrentiel à moyen et long terme, tant sur les activités d’Air Europa, que celles d’IAG et de leurs concurrents. A ce stade, aucun engagement n’a été proposé au cours de l’enquête préliminaire.  

La Commission, qui dispose jusqu’au 5 novembre 2021 pour prendre une décision, va à présent procéder à un examen approfondi des effets de l’opération envisagée afin de déterminer si elle est susceptible de réduire significativement l’exercice d’une concurrence effective.

A cet égard, les tiers concernés disposent de 15 jours à compter du 6 juillet 2021 pour communiquer leurs observations éventuelles sur le projet de concentration à la Commission. Les renseignements utiles à cette fin sont disponibles ici.