TORONTO (le 2 janvier 2018) — Le marché des premiers appels publics à l’épargne (PAPE) au Canada a terminé l’année 2017 en champion, enregistrant un record sur cinq ans de 5,1 milliards de dollars pour le produit total des nouvelles émissions d’actions, selon l’étude annuelle de PwC publiée aujourd’hui.

L’étude de PwC révèle une performance solide au dernier trimestre de 2017, sous l’impulsion de l’activité soutenue dans le secteur minier. En effet, 1,7 milliard de dollars de nouveaux capitaux ont été mobilisés dans le cadre de 13 nouvelles émissions, ce qui a contribué à élever le compte pour l’année entière à 5,1 milliards de dollars dans le cadre de 38 émissions de sociétés canadiennes ou de sociétés inscrites à la cote d’une bourse canadienne. Les résultats du quatrième trimestre incluent une somme de 728 millions de dollars pour la société luxembourgeoise Nexa Resources S.A. inscrite à la TSX et à la NYSE.

La TSX a accueilli sept nouvelles inscriptions au cours du dernier trimestre, ce qui représente une valeur de 1,5 milliard de dollars. Au total, 17 PAPE ont été lancés à la TSX en 2017, permettant aux émetteurs de mobiliser près de 4,7 milliards de dollars, d’après l’étude de PwC. Clementia Pharmaceuticals Inc. s’est jointe à Nexa et a lancé un PAPE auprès des investisseurs américains avec son émission de 150.2 millions de dollars à la Nasdaq.

La reprise rapide du marché canadien des PAPE en 2017 confirme le récent cycle « expansion-ralentissement-expansion » de l’environnement des nouveaux capitaux au pays, affirme Dean Braunsteiner, leader national du groupe PAPE de PwC. En près de 20 ans, c’est en 2016 que l’on a observé le moins d’activité au titre des PAPE sur le marché canadien, soit à peine huit nouvelles émissions d’une valeur de 464 millions de dollars qui ont difficilement cherché à atteindre les investisseurs.

« Après une année 2016 plutôt sombre, 2017 s’est révélée dynamique, un scénario qu’on a déjà observé par le passé, indique M. Braunsteiner. Les graines de la reprise de 2017 ont été semées au dernier trimestre de 2016, et l’activité s’est intensifiée tout au long de l’année. »

M. Braunsteiner précise que l’année 2017 marque aussi le retour attendu du secteur minier sur les marchés publics, après une absence prolongée.

Il explique que six émissions de sociétés minières au quatrième trimestre témoignent d’une progression considérable pour ce secteur. « Il est remarquable qu’on ait enregistré 20 émissions de sociétés minières à la TSX, à la CSE et à la Bourse de croissance en 2017, ajoute-t-il. Il sera intéressant de voir si l’activité s’infiltre jusqu’aux sociétés de niveau intermédiaire et aux sociétés de développement, et ce que cela présage pour les petites sociétés minières »”

Selon M. Braunsteiner, la stabilisation des prix des marchandises et l’intérêt pour le cuivre, le lithium et le cobalt suscité par le potentiel lié aux véhicules électriques influenceront vraisemblablement le marché des PAPE en 2018.

Une autre tendance observée en 2017 et susceptible de se poursuivre en 2018 touche les sociétés de capital-investissement qui monétisent leurs investissements dans des entreprises canadiennes par l’entremise de PAPE. Plusieurs nouvelles émissions importantes de sociétés comme Roots, Canada Goose, Jamieson Wellness et Real Matters, en 2017, laissent entendre que les sociétés de capital-investissement et les sociétés de capital de risque emboîteront le pas cette année, d’après Braunsteiner. Il prévient toutefois que les propriétaires de sociétés présentant un potentiel de PAPE se réservent aussi la possibilité de procéder à une vente de gré à gré.

Parmi les secteurs qui ont raté le coche en 2017, citons le secteur naissant du cannabis utilisé à des fins récréatives ou médicinales, dans lequel un climat d’incertitude réglementaire a sévi, de même que le secteur des technologies.

L’émergence de la CSE en tant qu’option de rechange viable à la Bourse de croissance TSX, en 2017, incite M. Braunsteiner à observer attentivement ces deux bourses en 2018. « La CSE semble assurément intéressante pour les entreprises en démarrage, affirme-t-il. Huit PAPE lancés sur la CSE ont permis de réunir 9,5 millions de dollars en 2017, tandis que 10 émissions ont généré 55,4 millions de dollars sur la Bourse de croissance.

M. Braunsteiner ajoute qu’il est plus difficile de prédire l’incidence des changements fiscaux aux États-Unis sur le marché canadien des PAPE. Les sociétés canadiennes exerçant des activités chez nos voisins du Sud peuvent avoir un avantage perçu lors de leur entrée sur le marché de ce côté-ci de la frontière.

Toujours selon lui, un marché des PAPE solide repose invariablement sur certains principes de base. « Nous continuons à voir une grande variété de sociétés de qualité effectuer des appels à l’épargne fructueux dans un marché où les investisseurs affectionnent les entreprises bien gérées qui présentent une bonne feuille de route, conclut-il. Des fonds sont disponibles et attendent seulement la bonne occasion. »