Assurance

Résiliation d'un contrat d'assurance emprunteur pour cause d'aggravation du risque

Le Décret n°2016-1559 du 18 novembre 2016 relatif aux conditions de résiliation d'un contrat d'assurance emprunteur pour cause d'aggravation du risque a été publié au Journal Officiel du 20 novembre 2016.

Le Décret crée un nouvel article R. 113-13 dans le Code des assurances, dont l'objet est de préciser les conditions dans lesquelles l'assureur peut résilier un contrat d'assurance emprunteur pour cause d'aggravation du risque résultant d'un changement de comportement volontaire de l'assuré. Cette possibilité sera ouverte si plusieurs conditions cumulatives sont réunies, à savoir si :  

  • l’assuré pratique régulièrement une nouvelle activité sportive présentant un risque particulier pour sa santé ou sa sécurité. La liste de ces activités sportives sera fixée par arrêté,
  • l’exercice de cette nouvelle activité conduit à rendre inexactes ou caduques les réponses faites par l'assuré en réponse aux questions relatives à sa pratique sportive posées par l'assureur lors de la conclusion du contrat » et si,
  • l’assuré n'a pas déclaré cette nouvelle activité dans les 15 jours où il en a eu connaissance, en application de l’article L. 113-2 du Code des assurances.

L’assuré aura donc la possibilité d’éviter une résiliation du contrat en déclarant son activité à l’assureur.

Stress tests de l’EIOPA : le marché français ressort dans la moyenne européenne

L’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA) a publié, le 15 décembre 2016, les résultats des tests de résistance conduits sur les principaux acteurs européens du marché de l’assurance, en collaboration avec les autorités nationales de supervision.

Au niveau européen, les résultats montrent que les organismes sont convenablement capitalisés. L’EIOPA a formulé des recommandations à destination des autorités de supervision nationales afin qu’elles encouragent les organismes à mettre en œuvre une politique de gestion des risques et des stratégies suffisamment prudentes dans l’environnement de taux bas.

Au niveau du marché français, l’ACPR indique que les assureurs vie ayant participé à l’exercice européen présentent un ratio de solvabilité initial égal à la moyenne européenne. L'ACPR invite toutefois les assureurs français à limiter et contrôler les risques qu'ils prennent afin de préserver dans la durée leur solvabilité et adopter une attitude prudente en matière de revalorisation pour l'année 2016.

Contrats d’assurance vie en déshérence

L’ACPR a publié une Instruction n°2016-I-26, datée du 13 décembre 2016, dans laquelle elle informe le marché des informations qui doivent être contenues dans le rapport annuel obligatoire relatif aux contrats d’assurance vie en déshérence.

Les assureurs doivent préciser dans le rapport annuel le nombre et l’encours des contrats d’assurance-vie ou de capitalisation dont les capitaux ou les rentres n’ont pas été versés. Ce rapport doit permettre le connaitre le nombre de contrats d’assurance vie en déshérence par organisme d’assurance, mais également suivre l’évolution et l’apurement de ce stock.

Banque

Publication par Tracfin de son rapport annuel fondé sur les tendances observées en 2015 Le 7 décembre 2016, Tracfin a publié un rapport annuel fondé sur les tendances observées en 2015

et à venir en 2016. Cette publication s’inscrit dans le cadre des recommandations du Groupe d’action financière (GAFI) en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Les chiffres d'activité de Tracfin entre le 1er janvier et le 30 septembre 2016 marquent un accroissement historique : + 49 % d'informations reçues par rapport à la même période en 2015.

Cinq type de grands risques ont été identifiés par Tracfin en 2015 : le financement du terrorisme, les menaces criminelles, la corruption, la fraude fiscale et sociale, et les escroqueries non liées à des réseaux organisés.

Le rapport met en évidence :  

  • la persistance des schémas traditionnels de blanchiment des flux financiers illicites (fausse facturation, travail dissimulé, transport physique d’espèces, réseaux d’évasion de fonds bancaires, investissements immobiliers…), 
  • l’accroissement des nouveaux risques issus de la révolution numérique dans les services financiers (prestataires de services de paiement, plateformes de financement participatif, services de paiement par téléphone mobile ou utilisation des monnaies virtuelles…),
  • la mobilisation accrue des professionnels en matière de lutte contre le financement du terrorisme.
  • Dans son rapport, Tracfin rappelle aux assureurs, conjointement avec l’ACPR, leurs obligations légales en matière de connaissance clients. Cette obligation s’impose dès l’entrée en relation d’affaires et durant toute la relation. Les assureurs doivent être en mesure de détecter les risques pour les déclarer à Tracfin.
  • Renforcement du dispositif français de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme par plusieurs textes
  • Le Décret n°2016-1523 du 10 novembre 2016 relatif à la lutte contre le financement du terrorisme prévoit :
  • l'élargissement des prérogatives de Tracfin,
  • le renforcement des mesures de vigilance envers la monnaie électronique et les crédits à la consommation,
  • l'élargissement du champ des obligations de déclarations douanières et la mise en œuvre de l'obligation déclarative prévue à l'article L. 771- 1 du Code monétaire et financier concernant la collectivité de Saint-Barthélemy.

L'utilisation de crypto-monnaies dont le bitcoin est particulièrement visée par ce texte qui en limite drastiquement les possibilités d'usage sans obligation de surveillance.

L'Ordonnance n° 2016-1575 du 24 novembre 2016 portant réforme du dispositif de gel des avoirs est parue au Journal Officiel du 25 novembre 2016. La direction générale du Trésor a mis en œuvre une liste unique consolidée de gel des avoirs. Il est de la compréhension de l'administration néanmoins que les personnes qui ont utilisé cette liste, de bonne foi, ne pourraient pas voir leur responsabilité engagée, sauf s'ils avaient connaissance d'une erreur.

L'Ordonnance n°2016-1635 du 1er décembre 2016 transpose en droit français la Directive (UE) 2015/849 du 20 mai 2015 relative à la prévention de l'utilisation du système financier aux fins de blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme ainsi que le règlement (UE) 2015/847 du 20 mai 2015 sur les informations accompagnant les transferts de fonds.

Cette ordonnance :

  • étend le champ des personnes assujetties aux obligations de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme : intermédiaires d’assurance, en opérations de banque ou en financement participatif, des plateformes de conversion de monnaie virtuelles sont désormais inclus. Le texte renforce les mesures de vigilance que les personnes assujetties devront appliquer,
  • complète l'article L. 561-2-1 du Code monétaire et financier par la définition de la notion de relation d'affaires, fondement aux mesures de vigilance appliquées par les personnes assujetties. Elle doit ainsi s'entendre comme « la relation professionnelle ou commerciale avec le client et inclut le cas échéant le bénéficiaire effectif »,
  • impose une obligation d’évaluation des risques renforcée aux personnes assujetties aux vérifications LAB-FT afin qu’elles ajustent l’intensité de leurs mesures de vigilance à mettre en œuvre et adaptent leurs procédures y compris au niveau des groupes financiers et non financiers (articles L. 561-4-1 et L. 561-10 du Code monétaire et financier), 
  • consolide les règles de contrôle et de sanction applicables aux personnes assujetties à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme en cas de manquement à leurs obligations : le texte dresse une liste des personnes habilitées à prononcer une sanction (article L. 561-36 du Code monétaire et financier) et des sanctions administratives telles que des sanctions pécuniaires, injonctions, interdictions d'exercice d'activité ou de responsabilités, retraits d'agrément ou de carte professionnelle. Elle prévoit également la possibilité de sanctionner les personnes physiques responsables du manquement d'une personne morale, ou encore la publicité des sanctions,
  • créé des registres des bénéficiaires effectifs des personnes morales et des trusts (articles L. 561-46 et suivants du Code monétaire et financier). Ces registres seront détenus par l’administration des finances publiques et les informations seront mises à disposition des autorités compétentes dans le domaine de la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, des personnes assujetties dans le cadre de leurs mesures de vigilance, et pour le registre des personnes morales, aux tiers ayant un intérêt légitime à en disposer,
  • renforce des prérogatives de Tracfin, notamment en termes d'échange d'information avec les personnes assujetties, via une coopération accrue entre les cellules de renseignements financiers sur le plan européen à travers notamment l'adoption de mesures spécifiques ayant trait à la transmission d'informations (articles L. 561-25 et suivants du Code monétaire et financier). D’autres mesures sont en outre destinées à garantir la confidentialité des informations reçues et détenues par le service et élargir les possibilités pour ce service de recevoir et de communiquer des informations,
  • rend applicable sur l’ensemble du territoire, notamment dans les DOM-TOM, les nouvelles règles renforçant les informations accompagnant les transferts de fonds opérés par les établissements financiers dans l’Union européenne, en provenance ou vers les pays tiers.