En Région wallonne et en Région bruxelloise, les démarches ne sont pas les mêmes lorsque l’on envisage de modifier ou d’étendre l’installation classée que l’on exploite. En Wallonie, la modification fera l’objet d’une demande de nouveau permis d’environnement ou sera simplement inscrite dans un registre par l’exploitant. A Bruxelles, la modification devra faire l’objet d’une notification préalable auprès du collège des bourgmestre et échevins ou de l’IBGE, qui décidera si l’introduction d’une demande de nouveau permis d’environnement est nécessaire.

Dans la pratique, les entreprises qui exploitent des installations classées sont souvent amenées à apporter des changements à leur exploitation au fil du temps : elles souhaitent, par exemple, augmenter la capacité ou la puissance de l’une ou l’autre installation ou en ajouter une nouvelle. Dans ce cadre, la question se pose alors des démarches à entreprendre afin de ne pas se trouver en situation d’infraction par rapport au permis d’environnement existant et à la législation en vigueur.

En Région wallonne

L’article 10, § 1er, 2° du décret du 11 mars 1999 relatif au permis d’environnement prévoit qu’un nouveau permis d’environnement est nécessaire en cas de transformation ou d'extension d'un établissement de classe 1 ou de classe 2 :

  1. lorsqu'elle entraîne l'application d'une nouvelle rubrique de classement autre que de classe 3
  2. lorsqu'elle est de nature à aggraver directement ou indirectement des dangers, nuisances ou inconvénients à l'égard de l'homme ou de l'environnement
  3. ou lorsqu'elle fait atteindre les seuils de capacité fixés par le Gouvernement.

Pour les points a) et c), il s’agirait, par exemple, respectivement :

  • d’une imprimerie de journaux lorsque la quantité d’encre utilisée passe d’un montant supérieur à 100 litres/jour ou inférieur ou égal à 500 litres/jour (rubrique 22.21.02 – classe 2) à un montant supérieur à 500 litres/jour (rubrique 22.21.03 – classe 1),
  • et d’une installation d'incinération des déchets lorsqu’elle traite des déchets non dangereux avec une capacité supérieure à 3 tonnes par heure ou lorsqu’elle traite des déchets dangereux avec une capacité supérieure à 10 tonnes par jour.

L’aggravation des dangers, nuisances ou inconvénients repose, quant à elle, sur une appréciation in concreto de la situation, il faudra tenir compte de la localisation de l’établissement, du voisinage, de la configuration des lieux, de l’importance de la modification, des conditions imposées dans le permis initial. Il est donc difficile d’en donner un exemple concret.

L’article 10, § 2 précise que les transformations ou extensions d’un établissement de classe 1 ou 2, qui ne nécessitent pas de nouvelle demande de permis d’environnement (conformément au § 1er), mais qui affectent le descriptif ou les plans annexés au permis, doivent être consignées dans un registre par l’exploitant.

L’exploitant est tenu d’envoyer chaque année une copie de la liste des transformations ou extensions de l'établissement intervenues au fonctionnaire technique et au collège des bourgmestre et échevins de la commune (article 110 de l’arrêté du Gouvernement wallon du 4 juillet 2002 relatif à la procédure et à diverses mesures d'exécution du décret du 11 mars 1999 relatif au permis d'environnement). A cette occasion, l’une de ces autorités pourrait requérir qu’un nouveau permis d’environnement soit demandé, si elle devait considérer que la transformation effectuée aggrave, en réalité, les dangers nuisances ou inconvénients à l’égard de l’homme ou de l’environnement (ou qu’elle implique l’application d’une nouvelle rubrique de classement).

Si l’application d’une nouvelle rubrique ou le dépassement d’un seuil de capacité est facilement identifiable par l’exploitant, l’aggravation des dangers, nuisances ou inconvénients repose sur une appréciation foncièrement subjective. La prudence sera donc de mise.

L’article 10 s’applique de la même manière à une installation qui serait couverte par un permis unique, à quelques nuances près. En fonction de son impact sur le volet urbanistique et/ou environnemental, la modification pourrait impliquer l’introduction d’une demande de permis unique.

En Région bruxelloise

L’article 7bis de l’ordonnance du 5 juin 1999 relative au permis d’environnement prévoit que préalablement à toute transformation ou extension d'une installation autorisée par un permis d'environnement, ou de plusieurs installations formant ou non une unité technique et géographique d'exploitation autorisées par un permis d'environnement, l'exploitant notifie son intention au collège des bourgmestre et échevins si le permis, ainsi que la transformation ou l'extension, portent sur une ou des installations de classe II ou de classe III, à l'exclusion des permis visés à l'article 14 ou à l'IBGE dans tous les autres cas.

L'autorité dispose alors d’un délai de 30 jours pour déterminer si une demande de permis doit être introduite, si les conditions du permis doivent être modifiées, ou si l'exploitant peut procéder à la transformation ou à l'extension. A défaut de recevoir une telle décision dans ce délai, l'exploitant peut procéder à la transformation ou à l'extension (sauf s’il s’agit de la mise en exploitation d'une ou de plusieurs installations de classe IA ou IB, auquel cas une demande de permis d'environnement doit être introduite).

L'autorité impose l'introduction d'une demande de permis :

  • si la transformation ou l'extension entraîne l'application d'une rubrique d'une classe supérieure par rapport à celle du permis initial,
  • ou est de nature à aggraver substantiellement les nuisances ou inconvénients de la ou des installations couvertes par le permis.

L'autorité peut également décider que les conditions d'exploitation du permis doivent être modifiées si la transformation, l'extension ou la remise en exploitation sont de nature à aggraver de manière non substantielle les nuisances ou inconvénients générés par l'exploitation de l'installation couverte par le permis.