L'Autorité de la concurrence obtient du PMU qu'il sépare paris en ligne et paris "en dur" : une décision permettant aux autres acteurs de concurrencer à armes égales "pmu.fr" – Décision 14-D-04 du 25 février 2014 relative à des pratiques mises en œuvre dans le secteur des paris hippiques en ligne.

Par une décision 14-D-04 du 25 février 2014 relative à des pratiques mises en œuvre dans le secteur des paris hippiques en ligne, l'Autorité de la concurrence obtient du PMU qu'il sépare son activité de paris hippiques en ligne de celle de son réseau de points de vente physiques sous monopole. Cet engagement permettra ainsi à l'ensemble des opérateurs d'être en mesure de concurrencer à armes égales le site PMU.fr, et les consommateurs bénéficieront par ailleurs d'une offre en ligne diversifiée et renouvelée.

Cette décision fait suite à une plainte déposée début 2012 par la société Betclic Everest Group. L'opérateur de jeux en ligne (paris hippiques, paris sportifs, poker) dénonçait en particulier le fait que le PMU, titulaire d'un monopole légal depuis 1930 sur les paris hippiques "en dur", mutualise les mises qu'il enregistre à ce titre avec celles qu'il enregistre sur son site de paris hippiques en ligne. Le PMU  renforcerait ainsi considérablement l'attractivité de son offre de paris hippiques en ligne en proposant des gains beaucoup plus élevés que ses concurrents au point de menacer leur existence. Le marché des paris hippiques en ligne (huit opérateurs) est dominé par le PMU avec une part de marché (PDM) de 85 % en 2013.

Pour l'Autorité de la concurrence, le PMU mutualise dans une masse d'enjeux unique l'ensemble des mises enregistrées en ligne et "en dur" lui permettant ainsi de présenter une offre de paris plus sécurisante (en raison de la plus grande stabilité des cotes liée au nombre de mises) et plus attractive (en faisant miroiter aux parieurs des gains plus importants).

Parce qu'ils ne bénéficient pas de telles ressources d'un monopole "en dur", les concurrents de PMU.fr ne sont pas en mesure de proposer une offre aussi attractive. La pratique de mutualisation, par le PMU, de ses masses d'enjeux en ligne et "en dur" était donc susceptible de présenter un risque de marginalisation, d'éviction de ses concurrents en ligne, doublé d'une éventuelle barrière à l'entrée du marché des paris hippiques en ligne.