La dernière enquête sur les investissements étrangers en Europe montre un regain d'attraction pour la France et la croissance augmente plus que prévue ; le gouvernement a tenu bon sur l'absence d'augmentation du salaire des fonctionnaires et a proposé une mesure fiscale forte d'encouragement à l'investissement en biens d'équipements (pour plus de détails sur cette mesure, voir l'article dans cette Tax Newsletter).

Oui mais voilà, l'emploi ne redémarre pas et les perspectives en ce domaine ne semblent guère réjouissantes ; or, la confiance ne reviendra qu'à l'aune d'une amélioration durable du taux de chômage.

Pour autant, il ne faut pas croire aux solutions miracles, il n'y aura pas de baisse spectaculaire de ce taux dans les années à venir et la seule voie est de continuer à proposer des réformes : à cet égard, les propos du gouverneur de la Banque de France, M. Christian Noyer,  observateur éclairé, sont édifiants. Il met en garde sur le fait de passer à côté d'une conjoncture très favorable (baisse du cours du pétrole, de l'euro par rapport au dollar, taux d'intérêt très bas) et suggère d'amplifier le train de réformes : maîtrise accrue des dépenses publiques, revue en profondeur de la carte territoriale, réduction significative des coûts du travail, instauration d'un contrat de travail unique.

Ces propositions sont connues, elles ont été reprises par la Commission Européenne et par l'OCDE. Pour autant, si certaine d'entre elles pourront être mises en oeuvre par cette majorité ou une différente, d'autres nécessiteront un fort consensus au sein de la population française.

C'est pour cette raison qu'il faut, d'une part, combattre les idées populistes, simplistes qui sont totalement inefficaces à améliorer la situation des Français et, d'autre part, promouvoir sans cesse l'idée d'un consensus sur des mesures structurelles.

Car il est un fait qu'aujourd'hui, on entend et on écoute davantage ceux qui critiquent les mesures plutôt que ceux qui y sont favorables et cela a pour effet d'ôter une partie de leur crédit à des propositions pourtant de bon sens.

Alors, pour reprendre le tryptique du fameux théorème1 d'Helmut Schmidt, chancelier allemand des années 1970, il sera possible de dire que le consensus d'aujourd'hui sera la réforme de demain et l'amélioration d'après-demain.