UN | AUGMENTATION DU NOMBRE D’INVESTISSEMENTS PRIVÉS

Selon les conclusions d’une récente étude réalisée par Clean Energy Canada, les investissements dans le secteur canadien de l’énergie renouvelable ont progressé au taux fulgurant de 88 % de 2013 à 2014 et ont totalisé plus de 10,7 G$ CA en 2014. Cette hausse prononcée a propulsé le Canada au sixième rang mondial au chapitre des investissements dans les nouveaux projets nationaux de production d’énergie propre. Par ailleurs, près de la moitié des investissements canadiens dans des sources d’énergie renouvelable ont été réalisés en Ontario.

À l’heure actuelle, tout porte à croire que cette tendance haussière se poursuivra en 2016. En effet, le Canada offre des avantages indéniables sur le plan des investissements dans le secteur de l’énergie renouvelable, ce qui explique vraisemblablement cette augmentation. En outre, son énorme littoral et son vaste territoire regorgent de ressources éoliennes et solaires. Aussi n’est-il pas étonnant que les nouveaux investissements demeurent en grande partie axés sur l’énergie éolienne et solaire. Par ailleurs, son immense marché national fait du Canada le sixième consommateur d’électricité mondial. De plus, son secteur de l’énergie renouvelable est fort propice à la conclusion de partenariats dans le secteur privé et à la signature d’ententes de collaboration en recherche et développement. À long terme, l’accroissement du nombre d’investissements dans les sources d’énergie se traduira par une accélération des fusions et acquisitions dans ce domaine. Il y a fort à parier que l’intérêt suscité par la responsabilité sociale des entreprises stimulera aussi les investissements dans ce secteur.

DEUX | CROISSANCE DE LA CAPACITÉ DE PRODUCTION

Le Canada a également enregistré une croissance marquée de sa capacité de production. Ainsi, il se classe maintenant au quatrième rang mondial en matière de capacité de production d’électricité renouvelable, avec une capacité d’environ 89 gigawatts, ce qui suffit à alimenter plus de 35 millions de foyers canadiens. En 2014, les promoteurs et les installations ont fourni assez de nouvelle énergie éolienne pour répondre aux besoins de 500 000 foyers canadiens.

La principale source de production demeure les installations hydroélectriques canadiennes, qui tirent profit du réseau hydraulique canadien étendu. Certains observateurs de l’industrie s’attendent à ce que cette capacité de production continue de prendre de l’ampleur en 2016, bénéficiant des mises à niveau des installations, des nouveaux projets devant entrer en exploitation avant 2020 de même que de l’accroissement de la capacité de production d’énergie solaire et éolienne.

TROIS | LES ÉNERGIES RENOUVELABLES DANS LA MIRE DU FÉDÉRAL

Le mois d’octobre a été marqué par l’élection du gouvernement libéral majoritaire dirigé par Justin Trudeau. Contrairement à celle du gouvernement précédent, la plateforme libérale est très favorable aux sources d’énergie renouvelable et accorde une importante place aux investissements dans les sources d’énergie de remplacement. En ce qui concerne le financement public, le gouvernement Trudeau s’est engagé à investir 100 M$ CA supplémentaires par année dans des organisations appuyant l’essor des entreprises canadiennes spécialisées dans l’énergie propre, et à émettre des « obligations vertes » en faveur de projets d’infrastructure, tels que les bornes de recharge pour véhicules électriques ainsi que les réseaux de transport et de stockage. De plus, il a promis de réaffecter les subventions fédérales destinées aux combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables et à créer un fonds de 2 G$ CA visant à financer les projets de réduction des émissions de carbone. Le gouvernement s’est aussi dit déterminé à devenir un précurseur dans le domaine de l’énergie renouvelable en recourant davantage à la technologie verte. Par ailleurs, le récent rejet du projet de pipeline Keystone XL par le président américain Obama et l’élection en 2015 de Rachel Notley, du Nouveau Parti démocratique (le « NPD »), comme première ministre de l’Alberta (voir ci-dessous), indiquent que les autorités, tant à l’échelle fédérale qu’internationale, mettent davantage l’accent sur les politiques d’énergie renouvelable et de réduction des émissions de carbone. Finalement, le fait que Justin Trudeau a invité les premiers ministres canadiens à l’accompagner à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques 2015 montre la volonté du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux d’unifier leur approche dans le but de trouver des solutions aux changements climatiques à l’échelle planétaire.

QUATRE | LES ÉNERGIES RENOUVELABLES DANS LA MIRE DES PROVINCES

Après que le NPD a mis fin au règne du Parti progressiste-conservateur au pouvoir depuis plus de quatre décennies en Alberta, le nouveau gouvernement a immédiatement rehaussé le taux exigé de réduction des émissions de carbone et a doublé les pénalités imposées en cas de non-respect des cibles de réduction en vertu du Specified Gas Emitters Regulation. Dans le cadre de la refonte de la politique énergétique de la province, il a ensuite publié son Climate Leadership Plan (le « plan »), s’engageant par le fait même à orienter l’Alberta vers les énergies renouvelables, notamment l’énergie éolienne, de sorte que les sources d’énergie renouvelable représentent 30 % de la production d’électricité albertaine d’ici 2030. Le plan instaure également de nouvelles politiques d’imposition des émissions de carbone pour encourager la production d’électricité à partir du gaz naturel à faible teneur en carbone et d’énergies renouvelables « zéro carbone », et ce, dans le but de diversifier les sources énergétiques. Ce plan se démarque par son vaste champ d’application : lorsqu’il aura été entièrement mis en œuvre, il régira environ 78 % à 80 % des émissions de gaz à effet de serre de la province, y compris les petits et grands émetteurs ainsi que les consommateurs.

La mise en place d’un système de plafonnement et d’échange d’émissions de carbone, élément central des politiques environnementales du Québec et de l’Ontario, ne fait pas partie de l’approche préconisée par le gouvernement albertain. De son côté, l’Ontario continue de privilégier les sources d’énergie renouvelable, ce qui lui a permis d’accroître sa production d’énergie propre d’environ 1 810 MW en 2014. Selon certains, ce virage serait attribuable à sa Loi sur l’énergie verte, qui est partiellement responsable de l’augmentation de 50 % de la tranche représentée par les énergies renouvelables dans la capacité du réseau depuis qu’elle a été adoptée en 2009. Quant à la Colombie-Britannique, elle continue d’investir dans les sources d’énergie renouvelable, ayant directement consacré 100 M$ CA à la technologie propre et 200 M$ CA supplémentaires par année à des industries traditionnelles comme la foresterie et les mines, et ce, dans le but de les inciter à adopter des technologies propres. Par ailleurs, comme le Québec possède de l’énergie hydroélectrique en abondance, il émet très peu de gaz à effet de serre, ce qui en fait une éventuelle superpuissance dans le domaine de l’énergie renouvelable. Soulignons que les parcs éoliens québécois produisent actuellement près de 3 000 MW d’énergie et que leur production devrait atteindre 3 710,7 MW à court terme.

Ces tendances portent à croire que le réseau énergétique des provinces canadiennes est en voie de se diversifier grâce à des initiatives politiques qui tiennent compte des avantages environnementaux propres à chaque province.