La société productrice de jeux vidéo 2K Sports a remporté une victoire partielle en ce qui concerne la controverse des droit de propriété liés aux tatouages de Kobe Bryant et ​​autres joueurs de la NBA. Cette information a de nouveau attiré l'attention au niveau mondial sur la question des tatouages et de la propriété du droit d'auteur qui y est attaché.

L'affaire a été portée en justice par l’atelier de tatouage Solid Oak Sketches qui prétendait être le propriétaire des dessins tatoués sur le corps de stars de la NBA telles que LeBron James et Kobe Bryant. Solid Oak a poursuivi en justice 2K Sports, lui reprochant d’avoir reproduit ses tatouages sur les avatars de jeux vidéo de ces joueurs, sans son autorisation, portant ainsi atteinte à son droit d’auteur.

Les tatouages en question comprennent les papillons sur le bras droit de Bryant, les mots «Hold my own» sur le biceps gauche de James, et un certain nombre de dessins sur les corps de Eric Bledsoe, DeAndre Jordan et Kenyon Martin.

Solid Oak réclamait 150.000 de dollars américains pour chacune de ces atteintes à son droit d’auteur, une sanction qui aurait pu atteindre des milliards de dollars. Cependant, cette demande de dommages-intérêts statutaires (montant forfaitaire établi par la loi américaine) a été rejetée par un tribunal fédéral dans l’état de New York la semaine dernière. En revanche, le juge a tout de même déclaré que Solid Oak pouvait encore poursuivre 2K Sports dans le but d’obtenir des dommages-intérêts correspondant au dommage réel résultant de l’utilisation de ses dessins.

Peut-on posséder un droit de propriété intellectuelle sur des œuvres d’art appliquées sur la peau d'une autre personne?
Comme indiqué dans notre précédent article «Les droits de PI derrière les tatouages», les droits de PI d’une œuvre tatouée appartiennent généralement à l’artiste qui a créé le tatouage (à l'exception des tatouages ​​tribaux basés sur des droits indigènes ou des dessins dont la propriété aurait été cédée à un tiers). Le fait que ce droit soit souvent négligé n’est peut-être pas surprenant: un tatouage encré sur la peau d’une star du sport ou d’une célébrité sera inévitablement associé à son corps, de sorte que peu de personnes prennent en considération les droits de PI d'un tatoueur lorsqu’elles utilisent, copient, ou s’inspirent de ces dessins.

Mais, alors que cette erreur a traditionnellement été ignorée dans le monde anti-conventionnel du tatouage, désormais, ce genre d’atteinte au droit d’auteur est suffisamment médiatique pour attirer l'attention desu tatoueurs et mener à une action en justice, comme le montre l’affaire Solid Oak.

Un autre exemple de différend médiatique de ce genre avait impliqué le tatoueur S Victor Whitmill et le studio responsable du film «Very Bad Trip 2» à propos du tatouage tribal sur le visage d'un personnage principal du film (il s’agissait d’une réplique du célèbre dessin sur le visage de l'ancien champion de boxe Mike Tyson).

D'autres producteurs de jeux vidéo ont tiré les leçons de leurs erreurs passées. Après la résolution d'un conflit sur la propriété des droits portant sur les tatouages ​​de la star de la NFL Ricky Williams en 2004, EA Sports exige à présent que tout athlète apparaissant dans ses jeux obtienne la permission des tatoueurs avant d’être représenté dans leur univers numérique.