C’est une histoire de droits d’auteurs qui n’en finit pas. Le chanteur Robin Thicke et le producteur Pharrell Williams font appel de la décision de justice qui les a déclarés coupables de d’avoir contrefait une œuvre de Marvin Gaye. Au même moment, le co-auteur d'une autre œuvre de Gaye prétend également que le chanteur-compositeur Ed Sheeran a copié certaines parties de la chanson «Let 's Get it On» (1973).

L'inspiration est une chose instable, mais, il y a un juste équilibre à trouver entre le fait d’être inspiré par une chanson, et en copier les paroles, les notes, ou les séquences. Le jury de Los Angeles a été confronté à cette question en 2015, dans le conflit entre les héritiers de Marvin Gaye et les co-auteurs de «Blurred Lines», Pharrell Williams et Robin Thicke. Ce jury a finalement rendu son verdict en faveur de Gaye, déclarant Williams et Thicke coupables d’avoir contrefaitle hit de 1977 de Gaye «Got to Give it Up», leur ordonnant de payer 7,4 millions de dollars américains.

Depuis, Thicke et Williams ont décidé de faire appel en invoquant le fait que les mélodies des deux chansons étaient différentes - et que le jury avait été mal influencé par les mêmes «sensation» et «groove» ressentis sur les deux chansons. Cette action est soutenue par de grands noms dans le monde de la musique, dont beaucoup pensent que la décision initiale aura un effet négatif sur la liberté artistique.

Plus de 200 musiciens ont signé une pétition artistique pour soutenir cette procédure d’appel, affirmant que «tous les titres de musique s’inspirent d’œuvres musicales antérieures, surtout au sein d'un genre musical particulier. En éliminant toute norme significative permettant de tracer une ligne claire entre l'inspiration admissible et la copie illégale, le jugement est certain d'étouffer la créativité et d'entraver le processus de création.» Il appartient désormais à l’instance supérieure de trancher.

Un effet domino ?
Du différend «Blurred Lines» au problème de guitare de «Stairway to Heaven», il semble qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’une autre affaire de propriété intellectuelle ne fasse les gros titres des journaux concernant la musique. Mais, ce phénomène est-il le signe d’une réelle augmentation du plagia, ou révèle-t-til simplement un intérêt pour les montants d’argent colossaux qui sont en jeu une fois qu’un groupe de pop ou qu’une chanson recnontre le succès ?

Récemment, le compositeur-interprète britannique Ed Sheeran a également été confronté àl'un des co-auteurs de Marvin Gaye, Ed Townsend, sous prétexte que Sheeran aurait copié «Let's Get It On» avec sa chanson «Thinking Out Loud». En particulier, la similitude entre les enchainements de batterie a été pointée du doigt. Il reste à voir si cette affaire sera menée jusqu’aux tribunaux. Sheeran est également poursuivi par deux auteurs-compositeurs américains concernant sa chanson «Photograph», ce qui laisse supposer que les accusations de violation de droit d'auteur – à tort ou à raison - font désormais partie intégrante du succès d’un artiste.