Quelques émissions qui ont eu lieu au quatrième trimestre ont sauvé la mise sur la plus importante bourse de valeurs du Canada, mais cela n’a pas empêché 2016 d’être la pire année dans l’histoire du sondage de PwC sur les premiers appels publics à l’épargne (PAPE) en près de 20 ans.

Le PAPE de 400 millions de dollars d’Aritzia Inc. au mois d’octobre a été l’une des trois nouvelles émissions à la Bourse de Toronto au cours de l’année et l’une des huit nouvelles émissions sur toutes les bourses canadiennes en 2016, selon le sondage annuel de PwC. Deux autres émissions d’une valeur moindre ayant eu lieu vers la fin de l’année ont ramené le total trimestriel et annuel à 464 millions de dollars sur cette principale bourse canadienne.

Cinq émissions à la Bourse des valeurs canadiennes (CSE) totalisant 2,6 millions de dollars ont porté le total annuel sur toutes les bourses canadiennes à 466 millions de dollars. En 2015, il y avait eu 22 émissions de plus de 3,9 milliards de dollars sur toutes les bourses, dont 13 PAPE à la Bourse de Toronto d’une valeur de 3,9 milliards de dollars.

L’année 2016 a été la pire de l’histoire du sondage de PwC sur les PAPE, déclassant les niveaux planchers atteints lors de la crise financière de 2008. Seules 57 nouvelles émissions sont arrivées de justesse sur les marchés boursiers canadiens au cours de cette année, et seulement 10 ont été inscrites à la Bourse de Toronto. Au deuxième semestre de 2008, il n’y avait aucun PAPE à la Bourse de Toronto. La valeur totale des émissions sur les marchés canadiens en 2008 s’était chiffrée à 682 millions de dollars, dont 547 millions de dollars à la Bourse de Toronto.

Le sondage de PwC sur les PAPE s’intéresse au marché canadien des actions depuis 1998.

Les raisons de la piètre performance du marché des PAPE en 2016 ne manquent pas, a affirmé Dean Braunsteiner, leader national du groupe PAPE de PwC au Canada. Les durs lendemains de la crise de la dette en Europe, l’onde de choc provoquée par le vote en faveur du Brexit et la campagne électorale présidentielle aux États-Unis ont tous contribué à l’incertitude qui a plané sur le marché des PAPE en 2016, et ce, non seulement au Canada, mais dans l’ensemble des marchés développés mondiaux. Toutefois, ces enjeux étant chose du passé maintenant, Braunsteiner voit des perspectives positives à l’horizon.

« Le marché des PAPE est toujours en retard sur le marché boursier traditionnel », a expliqué Braunsteiner, « et les marchés canadiens et américains ont connu une hausse depuis l’élection américaine. Les sociétés envisageant un PAPE surveillent cette tendance haussière comme tout le monde. Elles ne voudront pas être en reste. » Selon Braunsteiner, le secteur des technologies serait l’un des berceaux de la renaissance des PAPE.

Braunsteiner souligne également la vigueur relative du marché secondaire des actions comme preuve de l’accueil favorable que réservent les investisseurs aux nouvelles occasions. « L’intérêt des investisseurs est indéniable », affirme Braunsteiner.

Le marché pour les véhicules tels que les produits financiers structurés et les sociétés de capital de démarrage a levé tout juste un peu moins de 749 millions de dollars dans le cadre de 44 émissions en 2016. Les sociétés d’acquisition à vocation spécifique, élément clé sur le marché canadien en 2015, ont été absentes du marché boursier en 2016 bien qu’un important PAPE soit prévu en 2017.

Braunsteiner refuse de céder au pessimisme pour 2017. « Au cours de l’année qui a suivi le creux précédent de 2008, le marché des PAPE au Canada a rebondi pour atteindre 1,8 milliard de dollars en 2009 et 5,5 milliards de dollars l’année d’après », a-t-il affirmé. « C’est la tempête avant le beau temps », a-t-il ajouté.

PwC effectue une étude du marché des PAPE au Canada depuis plus de 15 ans. Les rapports sont publiés chaque trimestre pour fournir aux entreprises, aux investisseurs, aux médias et à d’autres parties intéressées des informations qui leur permettent d’avoir une meilleure perspective du marché. Pour cette étude, les véhicules de placement tels que les produits structurés ne sont pas considérés comme des PAPE puisqu’ils ne représentent pas de nouveaux titres de capitaux propres de sociétés en exploitation.