Le gouvernement québécois a dévoilé aujourd’hui sa politique énergétique pour la période 2016-2030, intitulée « Politique énergétique 2030, L’énergie des Québécois – Source de croissance ». La Politique est le fruit de deux consultations populaires importantes qui ont eu lieu en 2013 et en 2015. Elle intervient à l’expiration de la politique précédente (2006-2015) et vise à énoncer une vision claire du gouvernement en matière de développement énergétique et à répondre à certaines préoccupations contemporaines.

Les objectifs et cibles

La nouvelle Politique repose sur les objectifs suivants :

  • Privilégier une économie faible en carbone;
  • Mettre en valeur de façon optimale les ressources énergétiques;
  • Favoriser une consommation responsable;
  • Tirer pleinement parti du potentiel de l’efficacité énergétique;
  • Stimuler la chaîne de l’innovation technologique et sociale.

Elle cite cinq grandes cibles à atteindre d’ici 2030 :

  • Améliorer de 15% l’efficacité énergétique;
  • Réduire de 40% la quantité de produits pétroliers consommés;
  • Éliminer l’utilisation du charbon thermique;
  • Augmenter de 25% la production totale d’énergies renouvelables;
  • Augmenter de 50% la production de bioénergie.

La Politique énonce également d’autres cibles, tout aussi ambitieuses :

  • Doubler les revenus d’Hydro-Québec au cours de 15 prochaines années;
  • Augmenter le nombre de véhicules électriques ou hybrides en circulation, pour atteindre 1 000 000 véhicules électriques sur les routes en 2030.

Les notions de « transition énergétique » et de « nouveau pacte énergétique »

Dans sa Politique, le gouvernement estime que l’enjeu planétaire de lutte contre les changements climatiques force les consommateurs à opérer une « transition énergétique » afin de réduire leurs besoins énergétiques et de favoriser des énergies renouvelables ou à faible émission de GES. Il en découle un « nouveau pacte énergétique » dans lequel chaque citoyen et le gouvernement du Québec devront s’investir.

Au cours des 15 prochaines années, le gouvernement prendra ainsi des mesures qui s’articuleront autour des quatre orientations suivantes :

  • Assurer, au cours des 15 prochaines années, une gouvernance intégrée de la transition énergétique (voir ci-dessous);
  • Favoriser une transition vers une économie à faible empreinte carbone, notamment en agissant sur la consommation énergétique des ménages et des entreprises commerciales et sur les habitudes de déplacement des personnes et le transport de marchandises;
  • Proposer une offre énergétique renouvelée et diversifiée au consommateur, notamment par des gains en efficacité énergétique et une offre accrue d’électricité verte;
  • Définir une nouvelle approche en matière d’énergies fossiles (voir ci-dessous).

La gouvernance intégrée de la transition énergétique

Le gouvernement du Québec s’engage donc à :

  • Créer un organisme dédié à l’économie d’énergie et à la transition énergétique;
  • Revoir le rôle de la Régie de l’énergie;
  • Moderniser le processus d’autorisation des projets énergétiques.

Le nouveau plan stratégique d’Hydro-Québec

Le gouvernement a mandaté Hydro-Québec à réaliser un exercice de planification stratégique. La société d’État devra :

  • Obtenir des gains d’efficience faisant en sorte que l’évolution des tarifs d’électricité soit inférieure à celle de l’inflation;
  • Faire valoir sa contribution au Plan Nord et à l’électrification des transports;
  • Effectuer un bilan du développement de l’énergie éolienne au Québec et de ses activités en efficacité énergétique;
  • Détailler son apport à la déclaration gouvernementale d’engagement sur la transparence.

L’éolien

La Politique confirme aussi l’intérêt renouvelé du gouvernement pour l’énergie éolienne. Celle-ci fera partie de la stratégie d’augmenter l’offre d’électricité verte et est prévue remplacer des sources d’énergies plus polluantes dans le Nord.

La poursuite de son développement est toutefois souhaitable, selon le gouvernement, à condition que son incidence sur les tarifs aux consommateurs soit limitée et dans la mesure où ces approvisionnements additionnels permettront de maintenir une marge de manœuvre de l’ordre de 2,5 % des besoins annuels du Québec en électricité.

Les petites centrales hydroélectriques

La Politique prévoit que des projets de petite centrale hydroélectrique serviront de levier de développement économique pour des communautés locales et autochtones. À cet égard, le gouvernement exigera que ces projets respectent les critères les plus élevés en matière d’environnement et d’acceptabilité sociale, et génèrent des retombées économiques pour les populations locales et autochtones

Le gaz naturel

Quant au gaz naturel, il est reconnu comme une énergie de transition profitable pour le Québec et sera appelé à jouer un rôle important dans le soutien du développement économique du Québec, y compris du Nord, au cours des prochaines décennies.

Le gouvernement veut donc en assurer un accès fiable, sécuritaire et stable partout sur le territoire du Québec où la demande et la rentabilité économique sont rencontrées.

De manière plus concrète, le gouvernement prévoit poursuivre l’extension du réseau gazier, le développement d’un réseau d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié et l’augmentation de la production de gaz naturel renouvelable.

La nouvelle approche en matière d’énergies fossiles

Le gouvernement vise l’adoption d’une « nouvelle approche en matière d’énergies fossiles » et misera sur :

  • La sécurité dans le transport du pétrole et des produits pétroliers;
  • Une exploitation responsable des hydrocarbures au Québec;
  • L’acceptabilité sociale des projets d’exploitation d’hydrocarbures au sein des communautés d’accueil;
  • L’application des normes et techniques environnementales les plus strictes.

Le gouvernement prévoit également préciser davantage le cadre législatif régissant de tels projets, notamment par l’adoption d’une ou plusieurs nouvelles lois portant sur les hydrocarbures.