Le 24 novembre 2014, le groupe "P5+1" (composé des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Allemagne) a confirmé que l'Accord de Genève conclu en novembre 2013 et mis en œuvre en janvier 2014 – prévoyant un allègement des sanctions européennes et américaines à l'égard de l'Iran – sera à nouveau prolongé pour une durée de sept mois, tandis que les négociations sur le programme nucléaire iranien se poursuivent

Le Plan d'Action Commun, qui suspend certaines sanctions en échange d'un recul de la part de l'Iran sur certains aspects de son programme nucléaire, a été mis en œuvre à partir du lundi 20 janvier 2014 pour une période initiale de 6 mois. La levée des sanctions, décrit à l'époque comme "limitée, temporaire, et réversible"1 a ensuite été prolongée jusqu'au 24 novembre 2014, pendant que les négociations se poursuivaient. Lorsque l'Accord de Genève a été initialement conclu, les Etats Unis avaient clairement indiqué, dans plusieurs déclarations à la presse, que l'allègement des sanctions n'était pas censée être un "nouveau statu quo", mais une étape dans les négociations, devant soit mener à un accord global soit être remplacé par des sanctions encore plus sévères.

Le 24 novembre 2014 approchant, l'issue des négociations était attendue avec intérêt afin de savoir si celles-ci mèneraient à une désescalade des sanctions, permettant une coopération plus étroite avec l'Iran ou, au contraire, si un échec des négociations conduirait à un renforcement des sanctions. Dix séances de négociations et de nombreuses réunions ont eu lieu ces derniers mois, dans le but de parvenir à une solution globale

Dans cette logique, l'allègement des sanctions a été reconduit afin de permettre la poursuite des négociations jusqu'au 30 juin 2015. Une déclaration commune2 de Catherine Ashton, Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et de Mohammad Javad Zarif, Ministre des Affaires Etrangères de la République islamique d'Iran, confirme que "certaines idées ont été développées" mais qu'un "travail supplémentaire est nécessaire pour les évaluer et les finaliser" ; les parties "restent convaincues qu'il existe une voie crédible à travers laquelle une solution globale peut être obtenue". L'ambition des parties est de parvenir à un accord-cadre dans un délai de quatre mois, et d'utiliser le temps restant, si cela est nécessaire, pour finaliser le travail technique et rédactionnel.

Dans une déclaration au Parlement3, le Ministre des Affaires Etrangères britannique a confirmé que, malgré un rapprochement réel sur un certain nombre de points importants, "des différences significatives subsistent." Le Ministre a ajouté qu'il y avait besoin pour l'Iran de poursuivre de "nouvelles avancées sur certains grandes questions", et un besoin de "flexibilité de la part des deux parties."

Par ailleurs, le Secrétaire d'Etat américain John Kerry a souligné que "[les Etats-Unis] n'[allait] certainement pas rester éternellement assis à la table des négociations, en l'absence de réelles avancées" et que, si aucun accord n'était conclu dans un délai de quatre mois, "[les Etats-Unis] pourr[aient] revoir la façon dont ils souhaitent agir." Cependant, le Secrétaire d'Etat a déclaré qu'à l'heure actuelle, ce n'était "pas le moment de se lever et de s'en aller."

Du côté iranien, le Président Rouhani ferait face à des pressions internes pour adopter une ligne de conduite ferme dans les négociations, tandis qu'aux Etats-Unis, certains plaident pour l'introduction de sanctions supplémentaires. Dans une session de questions / réponses à la suite de sa déclaration, un intervenant a demandé à John Kerry si le Président Obama opposerait son veto à des projets de loi prévoyant des sanctions supplémentaires soumis au Congrès pendant que les négociations se poursuivent. Le Secrétaire d'Etat a éludé la question en répondant "qu'il était bien trop tôt pour commencer à parler de droit de veto".

Bien que des progrès considérables aient été accomplis, l'avenir des négociations reste incertain, tout comme la capacité de chaque partie à faire accepter un éventuel accord dans leurs camps respectifs. Les personnes qui envisagent de renouer des liens commerciaux avec l'Iran devront rester attentives pendant encore un certain temps, la prochaine phase critique devant intervenir à la fin du mois de mars 2015, moment auquel un accord final devrait être conclu.