Nous assistons actuellement à un intérêt grandissant pour les centrales solaires à grande échelle (ainsi que celles de taille moyenne) en Afrique, de la part des groupes impliqués dans les énergies renouvelables, des gouvernements et des organisations internationales. Des études scientifiques ont en effet établi que le continent africain bénéficie d'un des meilleurs niveaux d'ensoleillement au monde.

Cependant, le développement des centrales solaires à grande échelle en Afrique reste lent. Il existe un certain nombre de raisons à cela, les principales d'entre elles tenant aux coûts élevés de transaction, à l'existence de risques importants et au coût élevé des investissements à réaliser. Comparés aux grands projets d'infrastructures, les projets solaires étant de taille plus limitée, le processus nécessite d'être simplifié de façon à rendre les projets solaires plus viables.

L'International Finance Corporation (IFC), organisation membre de la Banque Mondiale, a introduit un programme ambitieux dont l'objectif est d'accélérer et de simplifier le processus de développement des centrales solaires à grande échelle en Afrique. Cette nouvelle approche, baptisée "Scaling Solar", vise à standardiser les documents transactionnels, fournir un soutien financier et fournir aux gouvernements des mécanismes de soutien au crédit. Cette initiative pourrait constituer une solution pour les gouvernements africains et les investisseurs privés désireux de développer l'énergie solaire en Afrique.

L'initiative Scaling Solar a été établie comme une approche "clé en main", destinée à fournir aux gouvernements plusieurs services par le biais d'un unique contrat.

Cet ensemble de services comprend :

  1. Des conseils : concernant les études de faisabilité initiales, la sélection du site, les due diligences juridiques et l'introduction d'une procédure de sélection simple, rapide et transparente.
  2. Des documents de projet standardisés : destinés à réduire les délais de rédaction et de négociation. Ces documents standardisés concernent notamment les Power Purchase Agreements (PPA) et les Government Support Agreements (GSA).
  3. Un financement compétitif : l'IFC fournit des solutions financières à tous les candidats, destinées à assurer une conclusion rapide des contrats par le biais d'une term sheet détaillée proposée à tous les candidats présélectionnés. Cependant, les candidats restent libres de chercher des financements alternatifs. Ces propositions financières offrent aux gouvernements l'assurance d'un projet économiquement viable.
  4. Des instruments de réduction des risques : l'Association internationale de développement (IDA) fournit une garantie des risques partielle (IDA Partial Risk Guarantee) et l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) fournit une assurance risque politique (Political Risk Insurance) ainsi que des garanties financières.

En dépit du fait que les financements connexes proposés par l'IFC soient inclus dans les projets exploratoires, les développeurs restent libres de trouver leur propre source de financement et la Banque Mondiale souhaite par la suite que le financement ne provienne pas uniquement de l'IFC.

Un des éléments principaux du programme Scaling Solar réside dans le fait que les documents contractuels sont fournis dans le cadre d'une approche "à prendre ou à laisser", dans laquelle les candidats doivent signer ces documents lorsqu'ils déposent leur offre. Il s'agit d'une ambitieuse proposition grâce à laquelle la Banque Mondiale souhaite éviter les longs délais associés à ces projets.

A ce jour, deux pays africains ont conclu le programme Scaling Solar, la Zambie en juillet 2015 et le Sénégal en février 2016. Onze consortiums ont été présélectionnés pour le projet zambien et devaient soumettre leur proposition début avril. Il restera à vérifier si ce programme atteindra ses objectifs.