Le Vietnam a exprimé son engagement à se tourner vers l’énergie propre et verte tout en privilégiant l’énergie domestique par rapport aux buts sociaux, économiques et de sécurité énergétique. La hausse de la demande d’énergie pousse le Vietnam à développer des ressources internes qui nécessitent d’attirer l’investissement privé.

Jusqu’à présent, le Vietnam n’était pas autonome pour fournir l’énergie correspondant à la demande intérieure. De plus, pour atteindre l’efficacité énergétique, le Vietnam doit mettre en place une double action : développer le secteur local grâce à l’investissement privé et mettre en place des outils de gestion pour réduire le gaspillage d’électricité par les usagers.

Un rapport rendu par la Commission « Made in Vietnam Energy Plan » parvient à la conclusion que le Vietnam peut continuer à user des ressources énergétiques indigènes (gaz, charbon, eau, pétrole, vent, soleil) jusqu’à ce qu’une future énergie verte soit développée. Comme le secteur du charbon est censé être relancé, le renouveau des centrales à charbon devrait ralentir la détérioration de la qualité de l’air causée par les méga-usines à charbon. D’autres mesures devraient être prises par le Gouvernement.

Encourager le gaz naturel

Le Vietnam est doté de gaz naturel dont l’usage devrait être préféré à celui du charbon. En effet, le gaz naturel est un carburant plus flexible, moins cher et plus propre que le charbon. Selon plusieurs accords internationaux encourageant le développement de l’énergie verte, le Vietnam sera plus apte à trouver un financement pour le secteur de l’énergie renouvelable que pour le secteur du charbon.

L’investissement dans l’exploitation de gaz naturel devrait être fortement encouragé puisqu’il dérive de traités internationaux et représente une opportunité économique et environnementale intéressante. Le Gouvernement devrait donc préparer un cadre politique et règlementaire pour mieux assurer l’investissement étranger et local, le partage des technologies et de l’expérience, et pour développer avec succès les marchés.

De plus le développement de transformateurs de gaz en électricité offshore apparait comme étant une autre alternative favorable et économique à l’importation de charbon. Non seulement le coût de l’exploitation de gaz naturel est moins élevé que le coût de l’importation ou de la production de charbon en tenant compte des taxes et redevances liées au prix du gaz, mais cela attirerait aussi plus d’investisseurs. De plus, cela déchargerait l’Etat de lourdes dépenses puisque l’International Monetary Fund estime que les coûts liés à la santé et à l’environnement, avec le plan actuel de développement de l’énergie reposant sur le charbon, atteindrait 15 milliards de dollars par an d’ici 2030.

Développer les contrats d’achat d’électricité (PPA)

La German Agency for International Cooperation a formulé des recommandations concernant les contrats d’achats d’énergie éolienne et solaire (PPA) pour l’énergie renouvelable. Elles comprennent une évaluation précise des coûts et tarifs des PPA pour être plus finançables. Assurer leur mise en œuvre est fortement encouragé pour favoriser un développement durable et viable.

Les sociétés qui se sont engagées publiquement à utiliser l’énergie renouvelable et tous autres grands consommateurs d’électricité devraient avoir le droit de signer des contrats directs d’achat d’électricité (DPPA) avec des fournisseurs d’électricité. La législation vietnamienne n’autorise pas les DPPA dans les cas par exemple de Nike, Coca-Cola, Apple, Google, etc. En changeant cette politique, il y aura plus d’investissement étranger dans la chaine d’approvisionnement d’énergie verte.

Contrôler l’utilisation de l’électricité et réduire le gaspillage d’eau

Avec une utilisation plus efficace de l’électricité et une réduction du gaspillage d’eau, le Vietnam serait considéré comme une alternative compétitive et viable pour l’investissement direct étranger. Accorder des avantages fiscaux aux ménages et entreprises qui réduiraient leur consommation d’énergie et encourager l’énergie solaire ou éolienne ou toute autre énergie renouvelable, dépressuriserait le système de distribution et éduquerait les usagers.

Le développement de systèmes de transformation des déchets en énergie (waste-to-energy) dans les communautés locales permettrait un double bénéfice : améliorer la santé et l’hygiène ainsi qu’augmenter l’approvisionnement électrique et faciliter sa distribution. Les émissions de carbone seraient automatiquement réduites.

La création d’une feuille de route du prix de l’électricité en utilisant le prix fixé par le marché avec le prix variable en fonction de l’usage résidentiel, commercial ou industriel, devrait prévaloir. La conviction que le prix de l’énergie restera subventionné par le Gouvernement supplante tous les efforts de promotion de l’investissement et de l’innovation dans le domaine de l’efficacité énergétique. Ainsi, la connaissance du coût de l’énergie peut inciter les consommateurs et les investisseurs à adopter des équipements et des procédés plus efficaces.

Recommandations pour la règlementation du Gouvernement

Pour aider le Gouvernement vietnamien à atteindre ses buts environnementaux, le rehaussement de crédit de l’entreprise publique Electricity of Vietnam (EVN) devrait être développé. Garantir que l’EVN paiera pour des approvisionnements d’énergie renouvelable en augmentant le nombre de donneurs internationaux aidera à assurer la faisabilité du projet et à encourager l’investissement.

Un plan plus viable peut être mis en œuvre s’il s’inscrit dans un cadre politique et juridique adapté. La principale recommandation pour assurer un environnement futur plus vert est de diminuer la part des centrales à charbon dans le plan de développement de l’électricité pour 2030.

Un plan flexible pourrait être élaboré pour ajuster la demande future et pour stopper le risque d’une demande plus ou moins grande que celle qui est prévue. Ce plan pourrait attirer plus de sources d’investissement étrangères ou locales et réduire la dépendance par rapport aux gouvernements étrangers. Par ailleurs, l’établissement de normes obligatoires concernant l’efficacité énergétique et la construction des logements, bureaux ou le développement commercial, éduquerait et aurait un effet positif sur le secteur de l’énergie renouvelable.

Les perspectives de l’EVFTA

L’EVFTA signé le 2 décembre 2015, devrait entrer en vigueur d’ici janvier 2018. Les relations entre le Vietnam et l’UE seront fortement intensifiées, notamment parce que le Vietnam est le 2e à signer un tel accord avec l’UE – après Singapour qui ne concourt pas dans les mêmes domaines. Beaucoup d’investisseurs européens se dirigeront vers le Vietnam et apporteront des nouvelles technologies et techniques.

Un chapitre de l’EVFTA est dédié au développement durable et on s’attend à ce que l’UE, grande défenderesse de l’énergie verte et propre, incite le Vietnam à revoir son plan de développement d’électricité dans un futur proche.

Les problématiques majeures

– Le secteur du charbon est sur le point d’être relancé au regard du plan de développement qui ouvre au Vietnam des alternatives plus propres et plus économiques ;

– L’International Monetary Fund a estimé que 15 milliards de dollars par an seraient dédiés aux dépenses de santés et d’hygiène. La purification de l’air ou l’arrêt de la détérioration de la qualité de l’air est un problème qui doit être résolu rapidement et qui est menacé par la relance du secteur énergétique du charbon ;

– Autoriser les DPPA stimulerait l’investissement et l’innovation dans le secteur de l’énergie verte et dépressuriserait le système de distribution ;

– Eduquer les fournisseurs, les usagers et les investisseurs à travers une feuille de route du prix de l’électricité, le système de waste-to-energy et les avantages fiscaux est le moyen le plus efficace de garantir l’observation des mesures prises par le Gouvernement relatives à l’environnement.