Cet article a été publié dans le magazine POLY de Polytechnique Montréal, été 2015, volume 12, numéro 2.

Au cours de votre carrière d’ingénieur, vous pourriez être appelé à témoigner lors d’un procès, à titre de partie au litige, témoin de faits ou témoin expert. Or, pour avoir côtoyé des ingénieurs dans le cadre de plusieurs dossiers de litige, j’ai constaté qu’ils sont souvent inquiets lorsque vient le temps de témoigner. C’est pourquoi je vous présente ces conseils utiles si vous avez un jour à témoigner.

1. Tout d’abord, sachez que les témoignages ne sont pas toujours rendus en Cour devant un juge, mais peuvent l’être également en présence des seuls procureurs; c’est ce qu’on appelle des interrogatoires hors Cour, avant ou après défense. Toutefois, les règles sont très similaires pour ces deux types de témoignages et les conseils et astuces suivants s’y appliquent pareillement. N’oubliez pas : les objectifs d’un témoignage sont principalement de faire transparaître la vérité, de communiquer certains éléments de preuve et de déterminer la crédibilité des témoins.  

2. Revoyez l’ensemble de votre dossier avant votre témoignage : comme dans plusieurs domaines, la préparation rigoureuse et exhaustive du dossier est nécessaire, et ce, même si vous n’êtes pas une partie au litige. Il est donc recommandé de revoir l’ensemble des documents en votre possession afin de vous remémorer les faits, opinions et discussions qui sont l’essence du dossier. Ceci est d’autant plus nécessaire sachant qu’un procès a généralement lieu plusieurs années après les faits.  

3. Prenez votre temps avant de répondre : ceci est primordial et… un témoignage n’est pas une course contre la montre! Ainsi, une bonne pratique est de prendre une pause avant de répondre afin de bien saisir la question et d’organiser votre réponse de façon structurée et claire.  

4. Formulez des réponses courtes et concises : l’expérience nous apprend que les témoins ayant le plus de facilité à témoigner sont ceux qui formulent des réponses courtes et concises aux questions. Rappelez-vous que tout sujet soulevé dans vos réponses peut entraîner des questions additionnelles de la part des avocats. Aussi, il est essentiel que vous répondiez à la question telle qu’elle a été posée et non telle que vous pensez qu’elle aurait dû l’être!  

5. Calme et patience, deux mots-clés : il est possible qu’un avocat pose plusieurs fois la même question lorsqu’il n’obtient pas la réponse qu’il désire entendre. Dans ce cas, il s’agit de rester calme et de simplement réitérer la réponse que vous avez déjà fournie, quand bien même cet exercice vous semble répétitif ou même futile. Vous devez à tout prix éviter de changer ou de modifier votre réponse, autrement vous pourriez nuire à votre crédibilité ou même soulever des questions supplémentaires.  

6. Quand certains aspects du témoignage sont plus risqués ou hasardeux, je vous recommande d’en discuter avec votre procureur, qui vous aidera assurément à trouver la façon optimale de les aborder.  

7. Enfin, rappelez-vous la règle absolue dans tous les cas : toujours dire la vérité!

J’espère que ces quelques conseils vous permettront de vous préparer sereinement à rendre votre témoignage.